Les bienfaits de la méditation sont aujourd'hui bien attestés. Les pratiques méditatives toutefois sont innombrables. Toutes réclament de la patience, de la persévérance et une pratique régulière.

Vous trouverez un excellent aperçu sur le site Planète Gaïa qui reprend notamment un article de  H.J. et E.S. - SCIENCES ET AVENIR N°875 > Janvier > 2020

 

Comme nous l'avons signaler, chacun-e est unique et nous ne sommes pas égaux devant nos traumas. Pas seulement en réalité car notre seuil émotionnel va jouer un grand rôle.

« Les émotions, affirme Jean-Didier Vincent, constituent le fondement même de l'être. » Il distingue ce qu'il baptise les « émotions primordiales » - l'amour, le désir, la souffrance - des émotions ordinaires, celles que partagent les êtres humains et les animaux supérieurs. « Les émotions primordiales constituent le propre de l'homme, ajoute-t-il, passant par les instances du désir et de la conscience partagée. Je suis parce que je suis ému et parce que tu le sais »

 « Dans le monde économique plus vous dépensez, relève le poète suisse Georges Haldas, plus vous vous appauvrissez. Dans le Royaume du non espace-temps, c'est tout le contraire. Plus vous vous dépensez pour l'autre, plus vous vous enrichissez. » Le Christ ne nie ni le biologique, ni le social. Il est au-delà. « Cette vie de résurrection telle qu'elle est ouverte par le Christ, commande une manière d'être qui se prépare maintenant en choisissant de vivre une vie de relations marquées par l'anti-puissance, par l'anti-meurtre, par une manière de vivre bénéfique pour autrui. »

Il ne peut donc y avoir de spiritualité sans cohérence cardiaque, sans une interaction harmonieuse entre les quatre C : le Corps, le Cœur, le Cerveau et la Conscience. Elle aura une influence sur le sentiment d’être ou la façon dont nous nous sentons gérée par la partie antérieure de l’insula, une petite région du cerveau dont la fonction est de réguler les stimuli corporels. Une récente étude de la neurologue Fabienne Picard permet de supposer que cette zone spécifique serait impliquée dans un mécanisme de prédiction de la façon dont le corps va se sentir quelques instants plus tard. C’est elle qui nous indiquerait que faire si l’environnement a changé. Si la prédiction est correcte ou l’erreur négligeable, alors nous nous sentons bien. Dans le cas contraire, nous ressentons un malaise qui stimule une nouvelle recherche d’adaptation. La comparaison entre la prédiction et la réalité est donc permanente. Elle peut être entravée ou altérée par des pathologies somatiques spécifiques, mais elle le sera aussi par nos pensées, nos sentiments, nos émotions, nos affects, nos convictions intimes de type placebos ou nocebos, nos blessures symboliques ou narcissiques ressassées en boucles de rétroactions négatives. La sensation que tout va bien ou au contraire que tout va mal est immédiatement traduite en temps réel. 

Un cerveau dans notre ventre:

Nous aurions ainsi tout intérêt à porter notre attention sur ce qui parle en nous. Cette approche scientifique vient par ailleurs confirmer le rôle des prédictions et des boucles de rétroactions négatives défendu par l’École de Palo Alto.

La cohérence corps - coeur - cerveau - conscience est le but et le chemin. Les méditant nous parlent souvent de la nécessité de lâcher prise. Qu'en est-il ?

L'apprentissage de l'imperfection                                                                                                                   
Abraham Maslow disait : « en se protégeant contre l’enfer qui est en soi, on se coupe du paradis qui s’y trouve aussi ». Et Jon Kabat-Zinn ajoute : « l’acceptation du moment présent n’a rien à voir avec la résignation devant le fait accompli. Elle est pure observation : les évènements sont ce qu’ils sont. » Nous devons accepter tout l’éventail d’émotions que nous pouvons ressentir.

Soit, mais comment lâcher prise?

La première chose à réaliser  c’est l'impossibilité d'essayer de lâcher prise avec un besoin de tout contrôler puisque « vouloir lâcher prise » c’est encore contrôler ! C’est vouloir décider de ce qui devrait être ! Le réel lâcher prise n’est pas quelque chose que tu peux faire, c’est aussi simple que ça. Puisque dès l’instant où tu essaies de lâcher prise c’est que tu veux contrôler ta façon d’être. Il est donc inutile d’essayer de lâcher prise puisque ce n’est qu’un contrôle supplémentaire. Le désir de tout contrôler ne peux être que vu, constater. 

Prendre conscience de cela et de ce fait, l’admettre est assez difficile en général, car il en résulte un sentiment d’impuissance. Mais c’est justement à cet endroit qu’il est bon d’aller.

Le besoin de contrôler, de savoir, de connaître, de comprendre, de saisir, … Ce besoin vient d’un désir de sécurité et il est engendré par la peur. Par peur de l’inconnu, par peur de l’impuissance, l’être humain tente de tout contrôler et, le savoir, la connaissance ou la compréhension, sont les outils qu’il utilise pour parvenir à ce contrôle de lui-même, de la vie ou des autres.

Quand les événements de la vie le pousse à sentir cette impuissance, l’être humain, par peur, a donc tendance à le fuir ou à le combattre. Pourtant, c’est bien en restant là avec cette impuissance qu’une porte peut s’ouvrir. Cette impuissance qui ne demande qu’à être reconnue, aussi inconfortable soit-elle, lorsque nous l’autorisons à nous traverser profondément, peut révéler une grande vérité.
        Et cette vérité c’est que nous n’avons jamais eu le contrôle de quoi que ce soit !

La notion de contrôle est une idée, rien d’autre !!! Et aussi terrible que cela puisse paraître au premier abord, quand cette prise de conscience a lieu, l’impuissance se met à résonner comme le plus beau des cadeaux qui soit. L’impuissance est notre plus grande liberté. C’est elle qui met fin à toute culpabilité, à toute tension, à tout effort et à toute souffrance psychique. Savoir et reconnaître sa totale impuissance, c’est reconnaître sa vraie nature qui est joie, liberté, amour et paix. Il n’y a rien d’autre à comprendre, rien à faire, rien à accepter. Quand cette impuissance est vue clairement, quand elle est reconnue pleinement, toute idée de compréhension, d’acception de d’action tombe d’elle-même. Il ne reste que l’évidence de ce qui est, une évidence à vivre...

Une évidence qui va nous permettre ensuite de mieux aborder nos peurs et nos tempéraments en acceptant l'échec et l'imperfection notamment qui font partie de la vie. Elle se peut se réduire au tout ou rien, à une maîtrise psychorigide, car elle conduit alors à de multiples souffrances: dégradation de l'image de soi, trouble de l'alimentation,  dysfonctionnement sur le plan sexuel, dépression, angoisse, TOC, trouble de la fatigue, alcoolisme, sociophobie, crise de panique, difficulté à la procrastination, problèmes relationnels graves. En réalité, c'est mieux quand ça fait du bien...le meilleur se décline entre la torpeur et l'angoisse. Il est donc bon de prendre plaisir au parcours...et d'observer notre propre comportement...

 Voici les 7 façons d'être plus heureux au quotidien préconisées par Tal Ben Shahar professeur de bonheur à l'université de Harvard :

  1. Accepter nos émotions positives et négatives. Seuls les psychopathes et les morts n'en ressentent pas!
  2. Soigner les relations avec nos proches et notre entourage.
  3. Bouger, faire 30' de sports 3 fois par semaine stimule le système immunitaire; cela permet d'être en meilleure santé, en meilleure forme et de meilleur humeur.
  4. Pratiquer la gratitude: on reconnait notre bonheur au bruit qu'il fait en partant...on a tendance à regarder ce qui nous manque et qu'on n'a pas. Les personnes les plus heureuses sont celles qui voient de l'extraordinaire dans l'ordinaire. On peut noter ses raisons d'être reconnaissant, cela booste nos défenses immunitaires
  5. Éviter le multitâche qui nous fait tout bâcler; mieux vaut focaliser notre attention sur une chose; régulièrement aussi ne rien faire permet de se recentrer sur le moment présent.
  6. Savoir s'arrêter pour se régénérer.
  7. Arrêter de focaliser sur les faiblesses ou ce qui nous manque; il faut focaliser sur notre zone d'excellence, sur ce qu'aime faire et nous motive.

 

La méditation nous encourage à ressentir des sensations, pensées, des émotions positives telles que la joie, la reconnaissance, l'amour, la paix, la compassion, la bienveillance, l'harmonie, etc.

 

Cela nous encourage à suivre en méditant d'autres chemins:

D’une manière générale, on commence à décrypter les conséquences cérébrales des pratiques de méditation. C’est le cas notamment de l’équipe de Richard Davidson, à l’Université du Wisconsin-Madison qui travaille depuis de nombreuses années avec le moine bouddhiste Matthieu Ricard. Ils ont montré que les personnes devenues expertes de la méditation, après plusieurs milliers d’heures de pratique, ont une réaction cérébrale très spécifique en EEG : leurs ondes gamma sont beaucoup plus intenses que celles des sujets non entraînés. Ces ondes gamma s’accompagnent d’une meilleure synchronisation de l’ensemble de l’activité électrique du cerveau et l’augmentation de leur intensité montre que ces personnes sont extrêmement vigilantes lors des exercices de méditation soutenue. Elles témoignent aussi probablement d’une augmentation de la neuroplasticité, c’est-à-dire de la propension des neurones à établir davantage de connexions.

En IRM fonctionnelle, les experts en méditation présentent non seulement une activité faible du réseau du mode par défaut qui sous-tend les ruminations, mais aussi une activité importante dans les régions du cerveau social participant à l’empathie : l’insula et la jonction temporo-pariétale. L’épaisseur de certaines régions corticales (cortex préfrontal, gyrus temporal supérieur, insula) peut même être augmentée sous l’effet de la méditation, là aussi parce que les neurones sont davantage connectés. Et le volume de l’insula augmente avec le nombre d’heures passées en méditation.

D’autres études ont montré que la pratique de la méditation, même sur une courte période (huit semaines), engendre une diminution du volume de certaines parties de l’amygdale, impliquées dans la production de l’anxiété et activées par les événements stressants. Enfin, les exercices de méditation modifieraient le métabolisme cérébral, en diminuant l’activation des structures du réseau du mode par défaut associées aux risques de rumination. Ainsi, ces effets neuronaux des pratiques de pleine conscience expliquent les résultats favorables obtenus sur l’humeur et le bien-être.